Le temps est compté pour que les efforts de préservation sauvent de l’extinction des animaux et des plantes. L’indice de la Liste rouge, qui mesure les tendances du risque d’extinction des espèces, montre qu’une proportion substantielle d’espèces dans tous les groupes taxonomiques examinés à ce jour connaît dans son ensemble des déclins de leur population et de leur répartition. Cela signifie que les espèces sont de plus en plus menacées d’extinction. Au cours des 50 dernières années, l’état de préservation de nombreux groupes taxonomiques a été complètement évalué. 26 % des 5 500 mammifères, 13 % des 10 400 oiseaux, 41 % des 6 000 amphibiens, 33 % des 845 coraux constructeurs de récifs et 63 % des 340 cycadées sont menacés d’extinction. Les espèces de coraux ont un risque d’extinction qui augmente le plus rapidement, alors que, en moyenne, davantage d’espèces de cycadées sont menacées. Dans les groupes pour lesquels les menaces d’extinction peuvent être quantifiées, bien plus d’espèces voient leur statut se détériorer que s’améliorer. Les cycadées, premier groupe important de plantes pour lequel un indice de la Liste rouge a été publié, sont les plus anciennes plantes vivantes de notre planète. Inchangées pendant des millions d’années, elles sont particulièrement menacées d’extinction à cause de la perte de leur habitat et du commerce de spécimens récoltés à l’état sauvage. Les cycadées continuent de disparaître dans toutes les régions, et près des deux tiers sont menacés d’extinction. Comme on l’a déjà vu par le passé, les espèces peuvent se rétablir. Des actions concertées de préservation peuvent changer radicalement les tendances en matière de biodiversité. On estime que 16 espèces d’oiseaux auraient fait l’objet d’une extinction entre 1994 et 2004 sans une mesure de préservation. Le risque d’extinction des mammifères et des amphibiens est encore plus élevé. De tels efforts de préservation doivent être intensifiés afin d’éviter une perte substantielle de biodiversité dans le futur, car sans eux, la biodiversité diminuera, avec des conséquences sérieuses pour les services écosystémiques dont nous dépendons tous.