Le parc immobilier judiciaire comprend quant à lui 732 sites, dont plus de la moitié sont mis à disposition gratuitement par les collectivités territoriales, représentant 2,2 millions de m² de SHON et une valeur patrimoniale de 1,8 Md€ (18 % du total). Cet ensemble est composite en raison de l’importance des édifices anciens, comportant de nombreux monuments classés ou inscrits, dont une centaine est soumise à la réglementation s’appliquant aux monuments historiques, qui contrastent avec des palais de justice plus récents. Un renouvellement, entrepris depuis une trentaine d’années, s’est poursuivi ces dernières années avec des constructions à l’architecture contemporaine. La mise aux normes et l’entretien des bâtiments historiques sont bien souvent coûteux tandis que les palais de justice construits entre 1960 et 1990 présentent, pour nombre d’entre eux, un important degré de dégradation qui affecte l’exercice même des missions juridictionnelles. Le caractère structurant des ouvrages pour cet exercice met en évidence, tout autant que pour l’administration pénitentiaire, l’importance des enjeux immobiliers pour la bonne marche du service public de la justice. Par comparaison, les 815 sites de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) représentent une part beaucoup plus réduite de l’immobilier de la justice, tant en valeur patrimoniale (0,27 Md€, soit 2,7 % du total) qu’en surface hors œuvre nette (397 453 m2 de SHON). Cependant, les conditions d’accueil des mineurs protégés participent pleinement de l’exercice des missions de la PJJ. Pour le ministère de la justice, les enjeux attachés à l’immobilier sont ainsi considérables et constituent un tout. Bien que l’immobilier spécifique de la justice judiciaire – les palais de justice – et celui de l’administration pénitentiaire – les prisons – répondent à des déterminants propres, leur gestion se recoupe en partie. La continuité de la chaîne pénale des services judiciaires interagit nécessairement avec les logiques fonctionnelles qui soustendent les choix immobiliers effectués dans chacun de ces domaines. En effet, la chaîne pénale commence avec l’engagement de poursuites par le ministère public ; elle se poursuit avec les décisions de justice rendues par les juges du siège, puis avec leur mise à l’exécution, assurée notamment par le parquet et par le juge d’application des peines ; elle se prolonge, le cas échéant, par la prise en charge et le suivi des majeurs condamnés par l’administration pénitentiaire. En conséquence, l’identification des besoins, l’architecture pénitentiaire et les différents modes d’organisation au sein des établissements, ne sauraient s’abstraire des choix de politique pénale. Les décisions d’implantation ne sauraient non plus être indépendantes en matière de carte judiciaire et de construction d’établissements compte tenu de la nécessité de disposer de tribunaux à proximité des lieux de détention, afin d’assurer le suivi de la population pénale. Dès lors, par-delà la dispersion actuelle de la fonction immobilière du ministère de la justice, une approche globale de la gestion de ses immobiliers spécifiques s’avère indispensable pour en assurer la cohérence.