Humanum est

28 novembre 2017

Bordeaux blanc

Bordeaux évoque immédiatement ses fabuleux vins rouges, qui ont fait sa réputation dans le monde entier. Pour autant, il est dommage de passer sous silence ses vins blancs, qui méritent eux aussi le détour. La semaine dernière, j'ai eu l'occasion de les découvrir à l'occasion d'un cours d'oenologie à Dijon. Le bordeaux blanc existe en sec et en doux. La production est concentrée dans deux districts. Le district des Graves produit certains des plus fins bordeaux blancs, tant secs que doux, notamment ces grands vins de dessert liquoreux que sont les Sauternes qui proviennent du sud des Graves. De l’autre côté de la Garonne se trouve le district de l'Entre-Deux-Mers qui produit des bordeaux blancs secs et doux. Même si Bordeaux est aujourd'hui intimement lié à ses rouges, il faut savoir que jusque dans les années 1950, les blancs secs représentaient en fait 60% de la production bordelaise. Ce n'est qu’à partir des années 1970 que les rouges ont pris le dessus. Aujourd'hui les blancs ne pèsent plus que 8%. Ça n'empêche pas une grande diversité même au sein de la catégorie générique Bordeaux Blanc qui peut être produite sur l‘ensemble du vignoble. Les vins peuvent se classer en deux grandes familles. La première, c'est celle des vins vifs et fruités, parfois très aromatiques, à boire dans leur jeunesse, à l'apéritif, sur les fruits de mers, les poissons grillés, les salades et les fromages de chèvre. La seconde, c'est celle des vins structurés, élevés en barriques, pouvant se garder quelques années. Ils s'ouvrent de préférence sur des plats plus cuisinés : viandes blanches, plats au curry (pas trop forts), poissons en sauce, fromages comme le comté. On trouve certains des plus grands vins blancs secs du monde dans le nord des Graves, notamment dans le district de Pessac-Léognan. La plupart des bordeaux blancs sont issus d’une combinaison en proportion variable des deux cépages Sauvignon Blanc et Sémillon. Mariage heureux, car le Sauvignon Blanc offre des charmes immédiats alors que le Sémillon requiert plus de temps pour développer ses qualités et ajoute une certaine viscosité et une profondeur au vin. Les meilleurs Graves blancs secs sont vifs lorsqu‘ils sont jeunes puis développent un corps très riche et un bouquet miellé en vieillissant. Dans les bons millésimes, les meilleurs blancs nécessitent au moins dix ans pour se développer et peuvent être gardés bien plus encore ! Si vous voulez découvrir ces vins injustement méconnus, je vous invite à suivre ce cours d'oenologie: je l'ai trouvé passionnant ! Retrouvez plus d'informations sur l'organisateur de cette expérience de cours d'oenologie à Dijon.

 

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27 novembre 2017

Une évolution de notre perception

Notre notion de ce qui constitue une transaction commerciale indigne a évolué avec le temps. Les exemples ci-après concernent les États-Unis, mais d’autres pays ont sans doute connu des évolutions analogues. Dans l’Amérique du 19e siècle, l’achat d’une assurance-vie était jugé moralement inacceptable, car assimilé à un pari contre Dieu, jusqu’à ce que cette pratique en vienne à être considérée, grâce à une campagne promotionnelle auprès des églises, comme un moyen avisé d’exprimer son amour pour la famille. Au début du 20e siècle, la vente d’alcool y a été considérée moralement inadmissible pendant 14 ans, jusqu’à l’abolition de la Prohibition en 1933. Jusqu’aux années 60, les loteries publiques y étaient jugées immorales; la vente de produits contraceptifs entre États et même leur utilisation étaient illégales dans de nombreux États. Le versement d’un salaire décent à de simples soldats a été considéré éthiquement inacceptable jusqu’à la fin de la conscription et la mise en place d’une armée professionnelle dans les années 70. L’autorisation de services de fertilisation in vitro sur le marché de la santé a suscité d’immenses controverses. Jusqu’aux années 80, il était moralement indéfendable d’autoriser les athlètes professionnels à participer à des manifestations d’«amateurs» comme les Jeux olympiques. nombre d’Américains. La rémunération des donneurs de plasma sanguin et de sperme est néanmoins chose courante. Une femme ne peut être payée pour le don d’un rein, mais elle peut percevoir de l’argent pour donner ses ovules ou servir de mère porteuse. Les domaines dans lesquels les mécanismes de prix sont autorisés varient considérablement selon les pays : certains ont ainsi légalisé la prostitution et l’usage récréatif de certains stupéfiants, alors que d’autres interdisent le versement d’intérêts sur les prêts. Si, comme le pense Sandel, les incitations par les prix érodent la valeur éthique et civique de certains biens dignes d’intérêt, des propositions plus radicales seraient peut-être envisageables : les personnes travaillant dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’assistance sociale, ou les fonctionnaires ne devraient pas être payés, ou peu, pour ne pas entamer la vertu morale de ces professions; les services de recyclage ou d’isolation énergétique devraient être gratuits, dans la mesure où ils doivent être fournis pour leurs vertus environnementales, et non pour une récompense pécuniaire; les dons de bienfaisance devraient être désintéressés, car diffuser le nom des donateurs ou réduire leur facture fiscale en émousserait la vertu civique. Ces propositions visent à susciter le débat, et non à être sérieusement prises en considération. Mais elles montrent bien que les incitations économiques ne doivent pas toujours être jugées incompatibles avec la vertu civique et éthique. Par ailleurs, étant donné l’évolution des mentalités quant à la moralité de certaines transactions économiques, mieux vaut s’abstenir de supposer que les limites actuelles seront celles de demain. Au demeurant, lorsque la pensée économique s’est élargie à d’autres champs que son domaine traditionnel, les résultats se sont souvent avérés fructueux. Les économistes se sont inspirés, par exemple, des travaux de Gary Becker, lauréat du prix Nobel, et d’autres pour montrer en quoi cette pensée peut expliquer la dynamique de sujets auparavant considérés non économiques comme le mariage, l’éducation des enfants, la criminalité et la discrimination envers certains groupes. L’idée selon laquelle les forces armées doivent attirer des employés au moyen de salaires, de prestations et de possibilités d’avancement plutôt que d’imposer le service militaire est désormais courante. Il en est de même de la notion selon laquelle on peut utilement lutter contre les problèmes écologiques en conférant un prix à la pollution — par la consignation des canettes et bouteilles, la taxation de produits polluants comme l’essence, et l’achat et la vente par les entreprises de permis pour certains polluants, par exemple, qui incitent à réduire la pollution à un moindre coût social. Il est tentant d’ériger une barrière autour des vertus morales et civiques pour éviter que les valeurs économiques ne les cannibalisent. Or, comme les États-Unis l’ont appris lorsqu’ils ont essayé d’interdire l’alcool au début du 20e siècle, il n’est pas facile de neutraliser les forces économiques et, souvent, la bonne réglementation du marché offre un moyen plus pragmatique d’équilibrer les valeurs éthiques et civiques que des lois interdisant certains comportements sur la base d’arguments moraux.

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07 novembre 2017

Des escargots

Voilà quelque chose que je ne pensais pas cuisiner un jour : les escargots de Bourgogne. J'avais déjà eu l'occasion d'en goûter et avait trouvé qu'ils étaient caoutchouteux. Je pensais qu'ils étaient davantage appréciés pour le beurre d'ail qui remplit la coquille que pour la viande elle-même. Mais lors d'un cours de cuisine la semaine dernière, force m'a été de constater qu'un aliment est surtout ce que le chef en fait. D'abord, il n'existe pas un escargot, mais de nombreuses espèces d'escargots comestibles, du petit-gris à l’escargot terrien géant africain qui peut atteindre une longueur de 25 cm. Cela dit, peu d’entre elles ont vraiment un intérêt. Pour la petite histoire, l'escargot est prisé pour la viande singulière qu’il contient mais était historiquement réservé aux périodes « maigres ». Les monastères médiévaux ajoutaient des escargots au menu pendant le carême ; les marins en faisaient des provisions à bord ; et purgés sur du romarin, ils sont un composant traditionnel de la paella. En France, on consomme quelque 40 000 tonnes d'escargots par an. Aujourd'hui, l'escargot le plus consommé en France est l’escargot Helix aspersa, escargot d’élevage en grande partie importé. Jusqu’à récemment, l’escargot de Bourgogne (Helix pomatia) — cousin germain de l'escargot commun de jardin — symbolisait un style de cuisine traditionnelle et figurait sur tous les menus de bistrot. Mais cette espèce ne s’adapte pas bien à l’élevage et la rareté de l’escargot sauvage en France fait que les escargots de Bourgogne sont un mets qui devient de plus en plus rare. Bien que d’une saveur subtile, les escargots demandent une longue préparation. Récoltés vivants, ils doivent être purgés (afin d’en éliminer les toxines des plantes qu’ils consomment). Pour cela, soit ils sont privés de nourriture pendant cinq à sept jours (leur carême à eux, d'une certaine manière !), soit ils sont gardés à l'ombre (par exemple dans un seau) et nourris d'herbes pendant deux semaines. Après avoir été mis à dégorger, blanchis et cuits à petit feu, ils sont prêts pour la cuisson finale. La recette classique veut qu’ils soient remis dans leur coquille avec un peu de beurre d'escargot — du beurre relevé avec de l'ail et du persil - et cuits à four très chaud. Ce délicieux mets (quand il est bien préparé, j'entends) est cependant riche en cholestérol. A bon entendeur ! J'ai hâte d'inviter mes amis à dîner pour tester les compétences que j'ai acquises lors de ce cours de cuisine. Parviendrai-je à convaincre avec un plat aussi particulier que les escargots ? La réponse sous peu ! En savoir plus en suivant le lien sur le site de l'organisateur de ce cours de cuisine gastronomique à Lille.

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03 novembre 2017

Gérer le viral

Facebook, Instagram, Snapchat, Twitter… Les réseaux sociaux sont le relais et les vitrines de vos événements. À condition -toutefois d’avoir mis en place, en amont, un plan de social media orchestré par une équipe dédiée, et comprenant une stratégie de contenu construite. « Sur chacune de nos opérations, nous réfléchissons à la façon de le rendre viralisable et de donner envie aux invités ou visiteurs de partager photos et vidéos de l’événement, souligne Beatrix Mourer, codirectrice de l’agence Magic Garden. Or, le public va avoir tendance à communiquer sur une expérience qu’il n’a jamais vécue: un lieu, une scénographie, une idée… » Aussi, comment mettre en place votre plan social media, comment le décliner en amont, pendant et après votre opération? C’est un point qui peut paraître anodin, mais qui est pourtant primordial. « Le hashtag doit être court, clair et simple afin que, lors de l’événement, il puisse être mémorisé et épelé sans difficulté », rappelle Beatrix Mourer. Et ce tout en ayant, bien sûr, un lien avec le nom de l’événement ou la thématique. « Le hashtag sera utilisé, autant que possible, en amont de l’opération pour toute la communication on line et off line sur l’ensemble des affiches, invitations ou flyers que vous distribuez », indique Yann Dirheimer, senior marketing manager Europe du Sud de Hootsuite. L’idée est de faire monter l’intérêt autour de l’événement par le biais du hashtag et que les personnes intéressées par l’opération puissent commencer à communiquer autour de celle-ci en le réutilisant et animer ainsi la communauté. « Vous devez avoir une organisation claire sur la -stratégie que vous souhaitez mettre en place sur les réseaux sociaux pour savoir à quel moment vous poussez des informations sur tel ou tel canal », souligne Yann Dirheimer. Par exemple, Facebook permet de créer une page propre à l’événement pour inciter les internautes à s’y inscrire, Twitter servira à donner des informations courtes en temps réel comme le nom des artistes ou des intervenants, et sur Insta gram, vous publierez des photos du lieu, des préparatifs, etc. Quant à la plateforme YouTube, elle se révèle intéressante pour créer du teasing avec la diffusion de vidéos. « Durant l’événement, vous devez le faire vivre en planifiant des tweets de rappel de telle sorte que votre équipe puisse se concentrer sur le live tweeting, suivre les conversations, répondre aux questions », explique Yann Dirheimer. C’est un fort enjeu car plus l’événement est grand, plus il y a du buzz, plus les conversations sont nombreuses, plus vous aurez besoin de mobiliser vos équipes pour y répondre rapidement. De nombreuses solutions proposent de planifier des messages pour se concentrer sur l’animation du contenu généré par les utilisateurs. « Les gens vont commencer à tweeter, à réagir, vous devez rebondir sur les messages », poursuit Yann Dirheimer. Si l’objectif est d’amplifier le buzz, l’intégration de tags offre la possibilité de suivre et tracker les résultats de telle ou telle campagne sur les réseaux sociaux.

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06 septembre 2017

Magique Amsterdam

Durant des années, j'ai refusé catégoriquement de voyager en groupe. Le concept même me semblait être une aberration. Mais depuis un an, je me laisse de plus en plus tenter par les voyages de ce type. Récemment, j'ai ainsi réalisé, avec ma chère et tendre, un voyage de groupe à Amsterdam. Ce sont clairement deux manière de voyager qui n'ont rien à voir, et chacune a ses mérites et ses désavantages. Lorsqu'on voyage seul, à mon sens, c'est surtout la liberté qui est intéressante : on est libre de se lever à l'heure qu'on veut, et notamment de mettre en place un programme de visites sans devoir supporter les désidératas des autres. Mais ça s'accompagne dans le même temps de pas mal de stress, parce qu'il faut s'occuper de tout et qu'il y a souvent beaucoup de paramètres à gérer. Et lorsqu'on est seul, dans une région inconnue, parmi des gens qui parlent une langue incompréhensible, on se demande parfois ce qu'on fait là. Pour autant, ça force à se débrouiller, et l'on ressort à chaque fois plus fort d'une telle expérience. Voyager en groupe a cependant des avantages très différents. C'est bien sûr plus peinard (vu que des professionnels se préoccupent du parcours et des locaux), et on n'a donc qu'à se laisser porter. Cependant, je crois que ce qui en fait tout le sel, c'est l'ambiance unique et le sentiment de faire partie d'un groupe qu'on ressent durant le voyage. C'est un peu compliqué à expliquer à quelqu'un qui n'a jamais pratiqué ce type de voyage, mais dans un voyage de groupe, le fait de vivre en communauté, pendant plusieurs jours et avec des inconnus, vous immerge dans une ambiance qui vous change curieusement. Evidemment, on tombe souvent sur des personnes dont on se passerait bien. Et parfois, le fait de devoir vivre en vase clos avec ces personnes vous met sur les nerfs (je me souviens notamment d'un couple de râleurs qui a passé tout le voyage à critiquer, et sur lesquels j'aurais bien cédé à quelques pulsions de violence). Mais il arrive qu'on fasse également de belles rencontres. Il est vrai que les liens créés au cours du voyage survivent rarement au retour, mais ce n'est pas bien grave, à mon sens. Ce qui est important, en définitive, c'est cet équilibre fragile de rapports humains qui ne dure que le temps du voyage, et qui fait que le voyage est inoubliable. Davantage d'information est disponible sur le site de l'agence de voyage du voyage groupe à Amsterdam. Suivez le lien.

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04 septembre 2017

Extinctions à venir

Le temps est compté pour que les efforts de préservation sauvent de l’extinction des animaux et des plantes. L’indice de la Liste rouge, qui mesure les tendances du risque d’extinction des espèces, montre qu’une proportion substantielle d’espèces dans tous les groupes taxonomiques examinés à ce jour connaît dans son ensemble des déclins de leur population et de leur répartition. Cela signifie que les espèces sont de plus en plus menacées d’extinction. Au cours des 50 dernières années, l’état de préservation de nombreux groupes taxonomiques a été complètement évalué. 26 % des 5 500 mammifères, 13 % des 10 400 oiseaux, 41 % des 6 000 amphibiens, 33 % des 845 coraux constructeurs de récifs et 63 % des 340 cycadées sont menacés d’extinction. Les espèces de coraux ont un risque d’extinction qui augmente le plus rapidement, alors que, en moyenne, davantage d’espèces de cycadées sont menacées. Dans les groupes pour lesquels les menaces d’extinction peuvent être quantifiées, bien plus d’espèces voient leur statut se détériorer que s’améliorer. Les cycadées, premier groupe important de plantes pour lequel un indice de la Liste rouge a été publié, sont les plus anciennes plantes vivantes de notre planète. Inchangées pendant des millions d’années, elles sont particulièrement menacées d’extinction à cause de la perte de leur habitat et du commerce de spécimens récoltés à l’état sauvage. Les cycadées continuent de disparaître dans toutes les régions, et près des deux tiers sont menacés d’extinction. Comme on l’a déjà vu par le passé, les espèces peuvent se rétablir. Des actions concertées de préservation peuvent changer radicalement les tendances en matière de biodiversité. On estime que 16 espèces d’oiseaux auraient fait l’objet d’une extinction entre 1994 et 2004 sans une mesure de préservation. Le risque d’extinction des mammifères et des amphibiens est encore plus élevé. De tels efforts de préservation doivent être intensifiés afin d’éviter une perte substantielle de biodiversité dans le futur, car sans eux, la biodiversité diminuera, avec des conséquences sérieuses pour les services écosystémiques dont nous dépendons tous.

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06 juillet 2017

Finlande : la fuite des cerveaux

Ils ont entre 20 et 40 ans. Ils sont ingénieurs, universitaires, banquiers, graphistes ou photographes. D'après Quartz, en 2015, ils étaient plus de 2.000 Finlandais à quitter le pays pour s'installer dans d'autres capitales européennes ou aux États-Unis à la recherche d'une meilleure opportunité de travail. D'évidence, le phénomène n'est pas nouveau. Historiquement, la Finlande est une terre d'émigration. Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux foyers ont déménagé en Amérique du nord et en Suède voisine pour servir de main d'œuvre. Mais à la différence de leurs ainés, les jeunes d'aujourd'hui n'envisagent pas un retour. Selon un sondage récent mené par Juho Korhonen, chercheur à l'université Brown aux États-Unis, sur 799 sondés, seulement un quart voit le retour comme une option probable. Une nette dimunition comparée aux années d'avant la crise économique de 2008. En 2006, la moitié des expatriés étaient disposés à revenir. L'émigration massive des Finlandais résulte d'une lente transformation du modèle social depuis la crise. Austérité oblige, l'État a procédé à une réduction des budgets alloués aux secteurs sociaux tels que le régime de retraite, la santé et l'éducation, amenant une partie de la jeunesse à penser que son avenir se trouve ailleurs. Plusieurs universitaires ont quitté le pays pour protester contre les coupures d'environ 500 millions d'euros constatés dans l'enseignement supérieur. La plupart d'entre eux justifient leur attitude à l'égard du gouvernement par le manque de perspective. D'autant que les études montrent que les expatriés finlandais ont un bagage intellectuel élevé et une bonne capacité d'adaptation. Si l'émigration est depuis longtemps un phénomène important, les travailleurs étaient censés revenir avec un capital expérience et réseaux tissé à l'international pour en faire bénéficier l'économie nationale. Mais l'échec de ce modèle vertueux est aujourd'hui une évidence. Comparé aux autres pays scandinaves, la Finlande attire peu de citoyens européens et le nombre de jeunes âgés de 30 à 34 ans ayant un niveau scolaire élevé a considérablement diminué. Globalement, les jeunes finlandais restent toutefois majoritairement attachés au modèle de protection sociale du pays. Il est urgent dès lors d'envisager de nouvelles formes de solidarités pour enrayer la fuite massive des cerveaux. Contrairement aux grands pays industrialisés tournés vers l'économie de marché, la Finlande dépend davantage de sa main d'œuvre qualifiée. À terme, cet exode risque donc de créer d'importants problèmes structurels.

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28 juin 2017

Bien secoué

La semaine dernière, j'ai réalisé une expérience tellement difficile à rapporter que j'ai longuement hésité à faire un billet sur le sujet. Mais si je ne parle pas d'un baptême que j'ai pu faire en avion de chasse, il n'y a pas vraiment d'utilité à ce blog. :) Alors voilà pour vous, aujourd'hui, mon compte-rendu sur un moment de ma vie particulièrement déjanté. La semaine dernière, je me suis donc rendu à l'aérodrome pour y faire mon baptême. Si vous vous imaginez peut-être l'image de Top Gun, autant oublier. Si j'avais bien tout l'attirail, je peux vous promettre que je ne faisais pas le malin quand il a fallu embarquer ! En gagnant l'appareil, j'avais les jambes en plomb et un filet de sueur me coulait déjà dans ledos. Une fois qu'on a décollé, cependant, j'ai commencé à me sentir à l'aise. Il faut dire que l'appareil (un Fouga Magister, qui est l'ancien appareil de la Patrouille de France) ne dévie pas d'un iota de sa trajectoire en dépit du vent, ce qui est plutôt rassurant. Pour avoir testé les deux, je peux vous dire que les sensations sont sans commune mesure avec celles qu'on peut ressentir à bord d'un Piper ! Mais qu'en est-il du vol proprement dit ? Première chose : un vol de ce type n'est pas fait pour les cardiaques. La preuve en est qu'il faut avoir un certificat médical pour pouvoir le réaliser ! Si tout va bien en début de vol (le pilote commence avec un sympathique vol à basse altitude qui permet de profiter de la vue), ce n'est là que l'apéritif. Parce que ça devient extrêmement méchant quand commence la voltige ! On le ressent dès le premier looping, lorsqu'on est soudain aplati sur son siège à cause de la vitesse. On se croirait dans un cartoon tellement c'est violent. La pression sur le corps est incroyable : on encaisse à certains moments 4 G, ce qui fait qu'on pèse 4 fois son poids ! Et passer de 70 kg à 315 en une demi-seconde, je peux vous assurer que ça fait un choc ! Il faut d'ailleurs contracter les muscles au maximum pour rester conscient (le cerveau n'est plus suffisamment irrigué, dans ces moments-là). Alors oui, décrit de cette manière, ça ressemble à de la torture. Et ça en est, d'une certaine manière : le corps n'a pas été conçu pour de tels traumatismes. Mais c'est une expérience magique, également, et véritablement unique. De retour au tarmac, j'étais un peu pâle (« comme un cachet d'aspirine », m'a plutôt dit ma femme), mais qu'importe : j'étais au septième ciel. Davantage d'information est disponible sur le site de l'organisateur de ce vol en avion de chasse. Suivez le lien.

 

avion (7)

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07 juin 2017

Il nous faut des drones

Deux sénateurs estiment qu'il faut "ouvrir le débat" sur l'armement des drones de l'armée française. Ils préconisent une meilleure coopération européenne. La France doit lever le tabou des drones armés. C'est la conclusion d'un rapport sénatorial, l'objectif avancé étant d'accroître l'efficacité de l'armée française sur le terrain et de combler ses lacunes en matière de drones de surveillance. "De nombreux pays utilisent désormais des drones armés [...] Dans notre pays la décision a été prise, de manière implicite, de ne pas armer les drones [...] Il est temps d'ouvrir ce débat", estiment Cédric Perrin (LR) et Gilbert Roger (PS), co-présidents du groupe de travail qui a rédigé ce rapport d'information intitulé "Drones d'observation et drones armés: une révolution militaire". Les États-Unis et Israël ont été précurseurs dans ce domaine, suivis du Royaume-Uni. En Europe, L'Italie a aussi obtenu en 2015 l'autorisation des États-Unis d'armer ses drones américains Reaper. Au Moyen-Orient, "on assiste à une véritable prolifération des drones armés", qui seraient utilisés par l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l'Irak, l'Iran, le Pakistan et la Turquie. D'autres pays en sont équipés ou envisagent de le faire, de la Chine à l'Asie centrale. Mais selon leurs détracteurs, les drones armés "déshumanisent" la guerre, avec des pilotes qui agissent à distance et des "assassinats ciblés" contestables d'un point de vue éthique et juridique. Les deux sénateurs relèvent, eux, que l'emport sur ces drônes de missiles ou de bombes guidées offre une plus grande réactivité dès lors qu'une cible est détectée. Du point de vue du droit, "les drones armés ne diffèrent pas des autres systèmes d'armes", avancent-ils également. Ils doivent respecter les mêmes règles d'engagement qu'avions, hélicoptères, voire artillerie. "Le choix de la cible et du tir sont toujours effectués par un ou plusieurs opérateurs humains", insistent aussi MM. Perrin et Roger, qui réfutent toute idée de déshumanisation. En attendant le développement d'un drone MALE (Moyenne altitude, longue endurance) européen, la France pourrait armer ses Reaper achetés aux Etats-Unis, dont cinq exemplaires sont actuellement déployés au Sahel. Plus largement, y compris dans le renseignement, la "montée en puissance des drones reste lente et inachevée dans les armées françaises", constate encore le rapport. Les deux sénateurs préconisent d'abord d'améliorer les capacités du Reaper livré à la France, en le dotant de moyens de surveillance électromagnétiques et d'imagerie haute définition. Les armées devraient aussi progressivement s'affranchir de la "tutelle" des États-Unis qui imposent une maintenance américaine sur les Reaper français et gardent un droit de regard sur toute nouvelle zone éventuelle de déploiement au-delà du Sahel. Pour réduire cette dépendance, "il faut (impérativement) gagner le pari des drones européens" en développant un système MALE "réaliste en termes de coûts", insistent les parlementaires.

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02 mai 2017

Vers la fin de la Corée du Nord ?

Barak Obama avait prévenu son successeur. La question internationale la plus critique et urgente à régler sera celle de la prolifération nucléaire nord-coréenne. Depuis quelques semaines, le dictateur rouge Kim Jong-un multiplie les menaces à l’encontre de Séoul et de Washington – annonçant même sa volonté de frapper le territoire américain. La menace ne fait sourire personne. Elle va bien au-delà du simple effet déclaratoire car, ce n’est un secret pour personne, la Corée du Nord développe depuis plusieurs années maintenant un programme nucléaire à finalité militaire. Pyongyang a déjà procédé en effet, par quatre fois, à un test de bombe atomique en 2006, 2009, 2013 et 2016. À chaque fois, le pays a subi des sanctions internationales et s’est enfoncé davantage encore dans une logique d’isolement. Le “régime ermite” (c’est ainsi qu’on le surnomme fréquemment) n’en a eu cure et a continué, sans vaciller, sa course folle nucléaire. Avec, il faut le souligner, la complicité passive de la Chine. À tel point que l’on estime que la Corée du Nord serait vraisemblablement capable aujourd’hui de fabriquer huit à douze têtes nucléaires de type “A”. La course en avant du leader coréen ne se limite pas à la fabrication de bombes A, elle s’accompagne aussi du développement de missiles susceptibles d’embarquer lesdites bombes avec la possibilité, évoquée il y a quelques jours par Washington, que la Corée du Nord ne soit en capacité, avant la fin du mandat de Donald Trump, de frapper le territoire américain avec un missile à tête nucléaire. Confronté à cette menace caractérisée, le nouveau président américain a décidé de hausser le ton en déclarant qu’il était prêt à utiliser “la totalité des capacités militaires des États-Unis” pour contrer les missiles balistiques nord-coréens, y compris en recourant à des frappes préventives. En attendant une action encore à ce jour hypothétique, le déploiement du bouclier anti-missile américain Thaad, destiné à protéger la Corée du Sud mais décrié par la Chine, est confirmé. De fait, cette poussée de tension dans la péninsule ne fait pas les affaires de Pékin. Tout d’abord, les menaces de son allié nord-coréen justifient pleinement que les États-Unis installent un bouclier anti-missile pour protéger la Corée du Sud. Mais un tel déploiement, en mettant des missiles d’interception à la frontière de la Chine, ne peut que fragiliser la valeur de la dissuasion nucléaire chinoise. Ensuite, le Japon, qui constitue le grand rival régional de Pékin, envisage pour se protéger du risque nord-coréen, de déployer lui aussi un bouclier anti-missile, voire même pourquoi pas de se doter de l’arme nucléaire. Le cauchemar absolu pour Pékin qui verrait ainsi sa supériorité militaire globale contestée. Enfin, la Chine se doit de réagir si elle veut être crédible internationalement, mais hésite aussi à contraindre par des mesures coercitives la Corée du Nord à renoncer à son programme nucléaire. Elle craint en effet qu’une Corée du Nord apaisée et démilitarisée ne tombe dans le giron américain avec, à la clé, une unification de la péninsule qui se ferait au bénéfice de Séoul. Et la perspective d’avoir un allié des États-Unis à sa frontière. Autant dire que les entretiens que vont avoir Donald Trump et Xi Jinping lors de leur première rencontre, programmée pour la fin de semaine en Floride, risquent d’être tendus. Avec un sujet qui risque de perturber les négociations commerciales entre les deux pays, le cas nord-coréen.

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