Le conflit Syrien, initié en 2011, a mis un certain temps d’avant d’être reconnu comme une situation durable à laquelle il fallait trouver une solution. En effet, s’étant produit à la fin du printemps Arabe, beaucoup de personnes ont alors pensé qu’il suivrait leur chemin en peu de temps : le gouvernement serait renversé, et il faudrait alors entamer le processus de création d’un nouvel état. Toutefois, après plusieurs mois de combat, il est apparu évident que le problème n’allait pas se résoudre de lui-même. Les gouvernements ont alors entamé un processus de réflexion quant à ce qu’il convenait de faire vis-à-vis de cet état de fait terrible. Une position tricolore par-delà les conflits internationaux : Notre pays a été le partisan d’une intervention de la communauté internationale très tôt dans le conflit, demandant l’envoi de troupes dès 2012. Il est également devenu le porte étendard d’une position qui rejetait celle des Russes et des Américains. Les premiers souhaitaient en effet une intervention avec laquelle le gouvernement Syrien serait d’accord, visant à réprimer la rébellion et les Islamistes dans le même mouvement, en protégeant le pouvoir en place. Les Etats-Unis prônaient quant à eux une campagne de bombardement visant exclusivement les terroristes, et qui ne s’attaquerait pas au pouvoir exercé par Bachar El Assad, désignant ce dernier comme un « problème qui nécessiterait une décision séparée ». L’idée d’une coalition internationale protégeant la population : Les Français quant à eux demandaient une intervention afin de régler les deux problèmes dans une même action : la force d’intervention devrait d’abord prendre la mesure des forces en présence sur place, puis protégerait autant que faire se peut la population civile des exactions de l’armée gouvernementale, tout comme de celles des terroristes. Une fois la situation sous contrôle, il faudrait alors déposer la dictature Syrienne, et amener son dirigeant devant une Cour Internationale pour qu’il réponde des crimes commis à l’égard de son peuple, par le biais d’une demande du conseil de sécurité. C’est cette position qui aurait été la meilleure pour le peuple Syrien, qui aurait pu se retrouver libéré des chaînes des Islamistes autant que de son gouvernement totalitaire. Elle n’a toutefois pas eu le succès espéré à l’internationale, malgré le support d’une grande partie de l’Europe : les Russes étant les alliés du régime en place, Bachar El Assad ne pouvait être déposé sans leur accord, qui plus est si une société démocratique prenait sa place, ce qui rendrait le pays impossible à contrôler comme il l’avait été par le passé. La conséquence des attentats de Paris : Les terribles attaques ayant frappé la capitale Française -nous sommes de tout cœur avec toutes les personnes touchées par cet évènement- ont totalement changé la position du gouvernement sur les mesures à prendre quant au conflit Syrien. En effet, par le passé, nous utilisions l’avancée de l’Etat Islamique pour faire pression sur la communauté internationale afin qu’elle nous rejoigne dans notre intervention, mais ça n’est plus le cas. Il est en effet apparut vital à nos dirigeants de mettre fin le plus rapidement possible au règne de terreur de l’Etat Islamique, afin de prévenir un nouvel attentat de cette ampleur. Notre intervention est qui plus est légitimée par ces attentats : nous avons dorénavant la possibilité de faire usage du droit d’autodéfense pour agir, plutôt que d’attendre l’aval d’une ONU bloquée par les Russes par le passé. Le revers de la médaille est toutefois que nos actions seront limitées au combat contre les terroristes, tandis que les forces gouvernementales, appuyées par le président Poutine, pourront continuer à opprimer les populations locales, ou à tuer les opposants politiques. Il est donc évident qu’il fallait mettre un point final aux actes de l’Etat Islamique, mais il apparaît regrettable que cela doive se faire au prix de la population d’un pays entier… Puisque c’est finalement ce qui est en train de se passer : nous échangeons la liberté de la population Syrienne contre la possibilité de frapper le terrorisme, ce qui s’est toujours fait avec des résultats mitigés jusqu’à aujourd’hui. La décision de l’Elysée, soutenue par les Français, de diviser la question Syrienne en deux volets semble donc avoir été prise sous le coup de l’émotion, avec des conséquences possiblement dramatiques pour les habitants de la région… Mais il semble plus facile de détourner le regard que de se battre pour ce qui est juste.