La Grèce est décidément devenue une bombe planétaire. Lors d'un séminaire à Tallinn la semaine dernière, mes collègues et moi avons pas mal discuté de la situation de la Grèce. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que les jugements étaient très partagés. Au moment où le pays est sur le point de basculer, j'ai souhaité revenir sur cette catastrophe qui mine toute l'Europe. La crise grecque dure depuis quelques années déjà. Elle a notamment marqué l'émergence de la crise de la dette souveraine dans la zone Euro, en contraignant les autres membres de la zone euro à intervenir afin d'éviter une flambée de la zone euro. A cette époque, les marchés se sont aperçus de la déplorable gestion de l'Etat grec et ont obligé la Grèce à emprunter à des taux incroyablement élevés. Cette hausse a bien sûr intensifié les déficits et conduit à une réduction encore plus forte des dépenses. Au niveau économique, les diminutions drastiques dans les dépenses de l'Etat Grec ont conduit à une aggravation du chômage, une baisse des salaires et à de nombreuses manifestations pour protester contre l'austérité. Pendant le séminaire, j'ai été troublé de découvrir qu'en dépit de verdicts tranchés, les gens ne connaissaient pas forcément la genèse de cette crise. Elle est évidemment due à de nombreux facteurs, mais je pense que l'une des raisons principales de la crise grecque réside dans les Jeux Olympiques. En effet, dès 2004, l'alerte avait été lancée par certains économistes qui s'inquiétaient que le budget des JO, financé par emprunts, puisse provoquer un déséquilibre de la situation grecque (il faut savoir que presque 12 milliards ont été investis afin de produire les infrastructures pour l'événement). Ces dépenses exorbitantes sont à l'origine de l'extension des déficits : ils sont passés de 3,7% à 7,5% du PIB dès la fin des JO ! L'événement sportif n'est évidemment pas l'unique raison de la crise, mais elle a contribué à dépouiller le pays, à enfoncer le clou, d'une certaine manière. Au cours de ce séminaire à Tallin, aucun participant n'a en définitive profité des animations fournies (en dépit de leur excentricité), préférant se rassembler auprès du téléviseur pour suivre les événements. Si la Grèce est une bombe à retardement, elle ne devrait plus tarder à arriver à la fin de son compte à rebours. Et ce qui arrivera ensuite, je crois que tout le monde s'en souviendra longtemps. Pour en savoir plus, je vous recommande la lecture du blog sur ce séminaire en Estonie qui est très bien fait sur ce thème.